Dr Aline Mercan, phytothérapeute et ethnobotaniste passionnée par les plantes

Posté le30/12/2019

Médecin, phytothérapeute et ethnobotaniste, le Dr Aline Mercan est passionné par les plantes médicinales et leur relation à l’homme. Elle milite depuis des années pour la sauvegarde de cette ressource inestimable aux quatre coins de la planète.

 

Herbiolys Dr Aline Mercan phytothérapeute ethnobotaniste

 

Médecin, phytothérapeute et ethnobotaniste : une passion pour l’homme et la plante

 

Le Docteur Aline Mercan est médecin généraliste, phytothérapeute et docteur en anthropologie bio-culturelle. Elle contribue régulièrement à plusieurs magazines et émissions de santé naturelle comme Plantes & Santé ou encore Allô Docteurs sur France 5. Elle est également enseignante au sein des DU de Phyto-aromathérapie de l’Université de Grenoble et de Rennes, et en Ethnobotanique à l’Université de Grenoble.

 

Bien qu’elle ait grandi en pleine nature et qu’elle ait toujours adoré son contact, ce n’est que très tardivement qu’Aline Mercan s’est intéressée aux plantes. C’est après un long détour, selon ses propres termes, qu’elle se passionne pour les plantes médicinales et la phytothérapie !

 

Après quelques années où elle exerce en tant que médecin généraliste, Aline Mercan se tourne vers la phytothérapie car elle est déçue des médicaments allopathiques traditionnels. Elle se forme alors au sein du DU de Phytothérapie de l’Université de Bobigny – Paris XIII, où à l’époque la plante reste un objet abstrait, matière thérapeutique plutôt qu’être vivant.

 

Le Docteur Aline Mercan s’intéresse alors à l’ethnopharmacologie, puis à l’ethnobotanique et se passionne pour le rapport homme - plante en tant que tel. Elle réalise sa thèse sur l’enseignement de la phytothérapie en France.

 

 

Un combat pour la gestion pérenne des plantes médicinales

 

Par la suite ses nombreux voyages et études, notamment sur la flore de la pharmacopée tibétaine issues des hauts plateaux himalayens, lui font prendre conscience de la fragilité de tout un écosystème. Ces plantes, cueillies sur des sites sauvages sans gestion raisonnée pour répondre au marché chinois en très forte augmentation, sont au bord de l’extinction. Un véritable « pillage » organisé et très rapide, sans réelle conscience du problème de la part des locaux à l’époque.

 

La première pierre de sa réflexion sur la gestion de la ressource « plantes » est posée. Pour le médecin ethnobotaniste qu’elle est, il s’agit d’une question centrale et cruciale. Comment concilier phytothérapie et gestion pérenne des espèces végétales ?

 

Pour le Docteur Aline Mercan, la phytothérapie doit absolument être basée sur les plantes locales en priorité. Une médecine traditionnelle fait sens dans une culture donnée. On l’adaptera bien sûr à nos codes, comme c’est le cas pour la médecine chinoise en Occident par exemple, mais l’utilisation de plantes médicinales « exotiques » doit se faire avec parcimonie.

 

 

Plébisciter les circuits courts et les plantes médicinales locales

 

Selon Aline Mercan, les plantes médicinales de la flore française et européenne permettent tout à fait de répondre à nos problématiques occidentales, au moins aussi bien si ce n’est mieux que les plantes qui viennent de l’autre bout du monde… et bien qu’elles ne bénéficient pas toujours de la même aura de prestige !

 

Elle se plaît d’ailleurs à citer Montaigne qui se faisait cette même réflexion, déjà, à la Renaissance : « Nous n’acceptons pas facilement la médecine que nous comprenons, pas plus que la drogue que nous cueillons. Si les peuples chez lesquels nous allons chercher le gaïac, la salsepareille, et le bois de squine, ont eux-mêmes des médecins, quelle importance peut-on penser qu’ils accordent, du fait de leur rareté, de leur étrangeté, et de leur cherté, à nos choux et à notre persil ? »

 

Il est important pour Aline Mercan de repenser le système dans sa globalité. Par exemple, elle a pris part dernièrement aux grands débats qui ont eu lieu au Sénat sur la réhabilitation du métier d’herboriste. Si le problème est très intéressant et questionne effectivement sur la place qu’occupe l’herboristerie en France, le Docteur Aline Mercan pense qu’il est essentiel qu’une réflexion soit menée en parallèle sur la question de la qualité et des circuits locaux d’approvisionnement des plantes médicinales, quelles que soient leur forme. Et pourquoi pas intégrer ces dimensions dans les cursus de formation des phytothérapeutes et futurs herboristes ?

 

 

Qualité et traçabilité des plantes médicinales avant tout

 

Au-delà des problèmes de ressources, c’est aussi la qualité et la traçabilité des plantes médicinales qui circulent sur le marché qui préoccupe Aline Mercan. Les plantes qui viennent de l’autre bout de la planète doivent être stockées pendant plusieurs semaines ou mois avant d’arriver sur nos étals, parfois dans des entrepôts en plein soleil, parfois dans des conteneurs réfrigérés… Ici même, en France, certains fabricants congèlent les plantes avant de les mettre en macération… Comment être certains dans ce cas que l’on retrouve bien les propriétés de la plante dans leur intégralité ?

 

Le Docteur Aline Mercan a d’ailleurs une anecdote à ce sujet : « Je prescrivais régulièrement de la valériane à mes patients, et j’étais peu convaincue de ses effets. Il s’agissait de l’extrait hydroalcoolique d’une grande marque, intéressante car ces médicaments étaient remboursés, mais dont les effets thérapeutiques laissaient à désirer. Lorsque les teintures mères ont été déremboursées, j’ai conseillé la phytothérapie de valériane Herbiolys et l’efficacité a été tout à fait différente ! ». Au point qu’elle se dit désormais réconciliée avec la valériane !

 

Ce qu’Aline Mercan apprécie tout particulièrement avec le laboratoire Herbiolys, c’est justement qu’il n’utilise que des plantes cueillies sur le territoire français, et qui sont mises en macération dès la cueillette pour garantir la fraîcheur des extraits. Les cueilleurs étant associés au laboratoire, et donc parties prenantes de celui-ci, la transparence est totale et la traçabilité garantie. Elle connaît d’ailleurs personnellement Catherine, cueilleuse en Bourgogne et associée fondatrice du laboratoire Herbiolys !

 

 

Agripaume et millepertuis, indispensables en phytothérapie

 

Parmi toutes les plantes médicinales utilisées en phytothérapie, c’est l’agripaume qui a sa préférence. Le Docteur Aline Mercan estime qu’elle a été injustement oubliée au profit de l’aubépine qui lui a volé la vedette. L’agripaume est une très grande et belle plante, très originale et qui ne passe pas inaperçue. Elle a d’excellents retours sur des problèmes de palpitations ou de stress car c’est une grande sédative. En Sibérie on surnomme d’ailleurs l’espèce locale Marijuanilla…

 

Pour Aline Mercan l’huile de millepertuis est aussi une préparation de base que chacun devrait avoir dans sa pharmacie naturelle. Très simple à réaliser, c’est un véritable couteau-suisse de la phytothérapie ! Le macérat huileux de millepertuis est cicatrisant et antiseptique, on l’utilise avec succès sur les coups de soleil, les peaux irritées mais aussi les infections cutanées et même les muqueuses.

 

Dans le Caucase le millepertuis est un indispensable de la pharmacopée. Il existe même un proverbe Arménien qui dit « On ne peut pas faire de pain sans farine. On ne peut pas faire de médicaments sans millepertuis. » En Europe de l’Est on l’utilise par voie interne pour favoriser la digestion.

 

 

Du bon usage des huiles essentielles…

 

Le Docteur Aline Mercan souhaite alerter sur la surconsommation des huiles essentielles, et ce même si elles sont très efficaces. Pour elle, il faut arrêter d’en utiliser à tout bout de champ car la production d’huiles essentielles nécessite d’énormes quantités de plantes, ce qui pose encore une fois des problèmes de ressource. Pour de nombreux maux du quotidien les extraits hydroalcooliques, les macérats glycérinés ou même les tisanes sont tout aussi efficaces et largement suffisants.

 

Selon ses propres mots, « l’aromathérapie c’est un peu le SuperSize Me de la phytothérapie » : notre culture de « l’hyper » nous fait rechercher des extraits hyper concentrés, que l’on croit ainsi plus efficaces… Ce qui est faux car dans la Nature tout est affaire d’équilibre ! Les critères à privilégier sont plutôt les circuits courts et le local qui permettent de s’assurer d’avoir des plantes fraîches, bio de préférence, et ainsi une qualité et une traçabilité sans failles.

 

 

 

Cet article n’est pas destiné à l’automédication : les conseils cités dans ce texte sont délivrés à titre informatif et ne remplacent en aucun cas un avis ou une prescription médicale. Ils ne sauraient se substituer aux diagnostics et ordonnances délivrés par les médecins qui sont les seules habilités à délivrer des traitements médicaux thérapeutiques.

 

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